Chronique Aviation > Depuis 1990

Chronologie

< 1970 - 1990
Origines >

Edwards AFB, 27 Août 1990

La bataille pour un nouveau contrat du siècle est bel et bien engagée. Le vainqueur sera appelé, dès la fin des années 90, à remplacer les F-15 Eagle et F-14 Tomcat de la Navy et de l'US air force. L'enjeu est de taille puisqu'à elle seule la Navy envisage d'acquérir par moins de 750 ATF (Advanced Tactical Fighter). Le coût total du programme pourrait avoisiner les 140 milliards de dollars, avec un coût unitaire espéré d'environ 40 millions de dollars. Le premier des deux concurrents, le YF-23 de Northrop et McDonnell-Douglas, a effectué aujourd'hui un premier vol d'une heure depuis la base d'Edwards, dans le désert du Mojave, devançant de quelques semaines la présentation de son rival, le YF-22, de dimensions proches de celles du F-15, a été conçu en fonction de contraintes liées à la furtivité : formes arrondies, nacelles moteurs intégrées à la voilure, dérives crantées en V et entrées d'air sous la voilure. Comme le YF-22, le YF-23 est un monoplace biréacteur d'une masse d'environ 22 t et d'une vitesse maximale de l'ordre de Mach 1.5.


Californie, 11 Octobre 1990

Le X-31 explore le vol à basse vitesse. Les combats aériens de l'an 2000 ne seront pas remportés par les avions les plus rapides, mais par les plus maniables, ceux qui pourront virer le plus serré et encaisser le plus de facteur de charge. Un chasseur capable de passer en quelques secondes de 500 à 100 noeuds ou moins dominera les pur-sang du Mach. L'avion expérimental X-31 mis au point par l'américain Rockwell et l'allemand MBB vient d'entamer à Palmdale ses essais de vol très lent avec des angles d'incidence prononcés. Ces essais sont destinés à étudier les limites de l'évolution d'un avion de combat en vol décroché, c'est-à-dire en dessous du seuil de portance. Le réacteur à poussée vectorielle du X-31 joue un rôle primordial dans le contrôle du tangage et des lacets aux incidences très élevées. Un système numérique intégré permet au pilote d'orienter le flux de poussée.


Koweït, 17 Janvier 1991

Un impact sur la verrière, un grand choc à la tête. La vue du capitaine Alain Mahagne se trouble. Il vient d'être touché par une balle de petit calibre. Instinctivement, il tire sur le manche pour s'éloigner du sol. L'officier français a basculé dans la guerre ce matin à 4 h 30, lors du briefing à al-Asha. Les pilotes de la 11e escadre de chasse de Toul recevaient pour mission de bombarder l'aérodrome al-Jaber au Koweït. À 5 h 30, 12 Jaguar décollent : les pilotes vont recevoir leur baptême du feu. Quatre appareils sont équipés de missiles AS 30 à guidage laser. Les Jaguar attaquent à basse altitude : une tactique qui va s'avérer très risquée face à la DCA irakienne. Avec l'appareil du capitaine Mahagne, quatre avions sont touchés. Une balle est venue se loger dans la commande de profondeur de l'un d'entre eux. Un autre a reçu un missile SAM 7, qui n'explosera pas, dans son réacteur droit, tandis que les moteurs d'un quatrième étaient criblés de mitraille. Deux Jaguar ont dû se poser d'urgence à Jubail. Désormais, les pilotes français attaqueront en piqué.


Bagdad, 17 Janvier 1991

Le ciel de Bagdad vient de s'illuminer. Il est 2 h 40, les tirs de batteries antiaériennes éclatent au-dessus de la capitale irakienne. Les avions furtifs américains sont entrés dans la danse. Une trentaine de F-117A, équipés de bombes BLU 109 de 900 kg à guidage laser, signent le début de la guerre. Des missiles de croisière Tomahawk, tirés depuis le Golfe, frappent au coeur de la ville avec une précision époustouflante. Avant la première vague d'assaut, des EF-111A Raven, F-4G Wild Weasel et autres avions spécialisés dans la guerre électronique ont brouillé les radars, les conduites de tir et les communications ennemies. À 3 h 15, dans son F-15, le capitaine Steve Tate, 28 ans, survole Bagdad : "Avec toutes les explosions, la ville était comme couverte d'une décoration de Noël !" L'alarme du radar retentit. Dans l'obscurité, un avion irakien, vraisemblablement un Mirage F1, prend rapidement de l'altitude. Une pression du doigt, le missile Sparrow fonce sur sa proie. Une boule de feu : la première victoire aérienne de la guerre.


Salon du Bourget, 23 Juin 1991

Merci à M. Gorbatchev ! Sans sa nouvelle politique, jamais le très secret MiG-31 Foxhound n'aurait été montré en Occident. Le voici au salon, dans sa livrée aluminium et bleu, l'air un peu vieillot comparé aux monstres américains fraîchement revenus du Golfe, qui s'alignent juste en face avec leurs peintures de guerre. Pourtant, huit ans après son entrée en service opérationnel, le MiG-31 restes le plus puissant intercepteur au monde. Biplace dérivé du MiG-25, 41 t au décollage, il est doté de deux réacteurs Soloviev de 15 t de poussée chacun. Sa mission : interdire le ciel soviétique aux bombardiers stratégiques et missiles de croisière. Son atout : le radar Zaslon, le premier conçu en URSS avec une capacité de détection vers le bas, ce qui permet de repérer et tirer des cibles évoluant à basse altitude, malgré l'effet de sol qui brouille les échos radar. 10 hostiles peuvent être pistés simultanément par le Zaslon, dont quatre engagés au missile en même temps. Le MiG-31 présenté au salon du Bourget est un modèle export. Il a été récemment proposé... aux Israéliens !


Edwards Air Force Base, 27 Mars 2004

L'avion hypersonique expérimental sans pilote X-43A a battu samedi le record mondial de vitesse pour un engin propulsé par un moteur atmosphérique en atteignant brièvement 7.700 km/h (Mach 7), a annoncé la NASA. "C'est un succès, tout a marché comme prévu (...) et du premier coup", a indiqué une porte-parole de l'agence spatiale américaine, Leslie William, en précisant que "le moteur atmosphérique avait fonctionné comme prévu pendant dix secondes à une vitesse hypersonique".Le X-43 était fixé sous l'aile d'un bombardier B-52. Une fois lâché par le B-52, le prototype devait être poussé à une altitude de 30.000 mètres par une fusée. Puis l'appareil devait s'en séparer et voler de façon autonome à la vitesse de sept fois la vitesse de son (7.700 km/h).Le précédent record de vitesse avec un moteur atmosphérique (par opposition à un moteur de fusée) avait été établi par l'avion espion SR-71 "Blackbird" à Mach 3,2 (3.500 km/h). Un autre avion expérimental, le X-15, a volé à Mach 6,7 mais il s'agissait d'un "avion-fusée", emportant avec lui son comburant.Le X-43 est un appareil de petite taille (3,65 m de long pour 1,5 m d'envergure), de profil plat et aux lignes effilées, extrêmement aérodynamiques.Il résulte de 20 ans de recherches dans la technologie dite du "scramjet" (Supersonic Combustible Ramjet) fondée sur la propulsion par statoréacteur à combustion supersonique.L'engin à statoréacteurs est le premier qui pourrait être capable de puiser l'oxygène nécessaire à sa propulsion directement dans l'atmosphère qu'il traverse à très haute vitesse, contrairement aux fusées ou navettes spatiales qui doivent emporter avec elles d'énormes réserves d'oxygène pour la combustion par un mélange avec l'hydrogène.


Edwards Air Force Base, 17 Novembre 2004

Record à 11 000 km/h pour un avion supersonique."Une fois de plus, nous avons franchi une étape historique dans l'histoire de l'aviation", a lancé cette nuit sur la chaîne de télévision de la Nasa Vincent Rausch, directeur du programme X-43A. La vitesse annoncée est de 11 000 km/h pour l'avion supersonique mais il précise que le chiffre exacte sera connu après l'analyse du vol. Un bombardier B52 de l'US Air Force avait décollé de la base d'Edwards en Californie mardi soir emportant sous son aile droite le X-43 à un peu plus de 12.000 mètres d'altitude. Une fois détaché de l'avion, après une ascension d'une heure environ, le X-43A, à mi-chemin entre l'avion et l'engin spatial, a été porté à 30.000 mètres par une fusée Pegasus dont il s'est ensuite séparé pour voler de façon autonome avec son statoréacteur allumé à près de Mach 10 pendant 10 secondes. L'avion a ensuite poursuivi sa lancée en effectuant durant une dizaine de minutes une série de manoeuvres préprogrammées avant d'aller finir sa course dans le Pacifique. En mars dernier, un autre exemplaire du X-43A avait atteint près de Mach 7 (7.700 km/h), battant le précédent record de vitesse avec un moteur atmosphérique (par opposition à un moteur fusée) établi par l'avion espion SR-71 Blackbird à Mach 3,2 (3.500 km/h) dans les années 60. Les deux derniers succès du X-43, un appareil de petite taille au profil plat et aux lignes très aérodynamiques, résultent de 20 ans de recherches dans la technologie dite du "scramjet" (Supersonic Combustible Ramjet) fondée sur la propulsion par statoréacteur à combustion supersonique. Contrairement aux fusées qui doivent emporter l'oxygène pour la combustion de leur moteur, un statoréacteur brûle son carburant en utilisant l'oxygène de l'atmosphère qu'il traverse à grande vitesse. Le rêve de l'US Air Force : Joel Sitz, le chef de projet X-43, un programme de 230 millions de dollars, a expliqué dans une conférence de presse à la base d'Edwards que ce vol historique avait "ouvert la voie à la technologie du scramjet qui a sans aucun doute un avenir". L'US Air Force cherche à mettre au point un avion capable d'atteindre tout point du globe en moins de deux heures tout en transportant six tonnes de bombes ou de missiles de croisière. Le Pentagone et le ministère australien de la Défense tenteront en 2005 en Australie de faire voler un autre "scramjet" à Mach 10 dans le cadre d'un projet, qu'ils cofinancent, visant à utiliser cette technologie pour placer des satellites en orbite.


Salina, 3 Mars 2005

Fossett bat le record du tour du monde en avion sans escale et sans ravitaillement Le tour du monde en 67 heures. Après avoir parcouru 37.000 kilomètres d'une traite, Steve Fossett a eu envie d'un bon bain, d'un bon repas et d'une bonne sieste. L'aventurier millionnaire est devenu jeudi le premier homme à effectuer le tour du monde en avion sans escale ni ravitaillement. Il a achevé son exploit à l'endroit où il l'avait entamé, à Salina, une petite ville du Kansas dans le centre des Etats-Unis. Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées à l'aérodrome pour le voir poser son GlobalFlyer. Cet appareil a été conçu par l'ingénieur qui avait imaginé Voyager, à bord duquel deux pilotes avaient réalisé le premier tour du monde en avion en 1986. "Croyez-moi, c'est super de retrouver le sol", a déclaré l'aviateur. "C'est l'une des choses les plus difficiles que j'ai accomplies." Il a expliqué avoir survécu en avalant une douzaine de milk-shakes durant tout le vol et en buvant beaucoup d'eau. Il a souffert de maux de tête -qui disparaissaient justement en buvant de l'eau- ainsi que du manque de sommeil. Pour se soulager, il faisait pipi dans des bouteilles. Steve Fossett a réussi ce périple dès sa première tentative, alors qu'il avait dû s'y prendre à six fois pour accomplir son tour du monde en ballon en solo. Mercredi, un problème de carburant avait suscité des doutes sur la capacité de GlobalFlyer de revenir à son point de départ. Les jauges des 13 réservoirs de l'appareil monomoteur indiquaient que 1.170kg, sur les 8.145 embarqués pour le vol, s'étaient "volatilisés", selon l'équipe au sol de Steve Fossett. On ignorait s'il s'agissait d'une fuite ou d'un problème de jauge. L'équipe s'était alors demandée s'il fallait se poser à Hawaï ou bien poursuivre au-dessus de l'océan Pacifique jusqu'au continent américain. Le pilote avait tranché en lançant: "Allons-y!" Poussé ensuite par de forts vents arrière, Steve Fossett a pu survoler Los Angeles puis se diriger vers Salina. Lors de son précédent record, en ballon, en 2002, il avait décollé et atterri en Australie. Le millionnaire originaire de Chicago a aussi traversé la Manche à la nage, participé à la course de chiens de traîneau Iditarod, en Alaska, et à la course automobile des 24 heures du Mans, en France. Fossett détient également le record absolu du tour du monde à la voile, depuis le 5 avril 2004, en 58 jours, 09 heures et 32 minutes. Wiley Post, un pionnier de l'aviation, avait réalisé le premier tour du monde en solitaire en 1933 mais il lui avait fallu plus de sept jours et de nombreuses escales. Le tour du monde sans escale a été réalisé en 1986 par le duo Jeana Yeager et Dick Rutan, le frère de Burt Rutan, le concepteur de Voyager et GlobalFlyer. Immédiatement après être sorti de l'avion, Fossett a serré son épouse Peggy dans ses bras et a été félicité par Sir Richard Branson, le fondateur de la compagnie Virgin Atlantic, qui a financé son exploit. "C'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps, une de mes principales ambitions", a commenté Fossett. Branson a alors saisi une bouteille de champagne, l'a secouée et a aspergé le pilote. "Ça a été un voyage magnifique", a déclaré Branson. "Manifestement, il est au septième ciel."



Faites découvrir ce site

©2000-2019 Olivier
Tous droits réservés
CNIL : 844304

174 messages dans le Livre d'or.
854 commentaires vidéos.
Le nombre max de connectés : 127 le 27 Septembre 2007 à 22:02:33
-- 17 connectés --

Version Mobile Tweeter Partagez moi sur Viadeo Partagez moi sur Facebook
FR EN DE IT SP PO NL