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Jaguar

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Jaguar L'un des buts visés par un programme de coopération international en matière d'aéronautique est de combiner de la façon la plus efficace les talents et les ressources disponibles dans les pays concernés afin de réaliser un appareil relevant de la technologie la plus avancée possible. Résultat d'une politique de ce type suivie par la France et le Royaume-Uni, le SEPECAT Jaguar, dont l'entrée en service remonte au milieu des années 70, est un excellent avion d'appui tactique et d'attaque, très apprécié de ses utilisateurs. Éclipsé à présent par le Panavia Tornado au sein de la Royal Air Force, il constitue l'épine dorsale de la force aérienne tactique (FATAC) de l'armée de l'air française et continue à être produit par la firme indienne HAL.

La réussite d'un programme de coopération internationale tient en partie à la chance et à certaines coïncidences. Dans le cas du Jaguar, ces facteurs eurent une importance fondamentale. C'est au début des années 60 que la France et le Royaume-Uni entamèrent des recherches conjointes sur un avion d'entraînement possédant des capacités secondaires d'attaque. Les travaux avançant, ces capacités tinrent une place de plus en plus considérable dans les préoccupations des deux partenaires. Les spécifications émises par l'état-major de l'armée de l'air portaient l'appellation d'ECAT (école de combat et d'appui tactique), alors que celles établies par les responsables de la Royal Air Force avaient été baptisées Air Staff Target 362. Dans un premier temps, la France se prononça pour le Bréguet (plus tard, Dassault Bréguet) Br121, et le Royaume-Uni pour le British Aircraft Corporation P45. En mai 1965, cependant, Londres et Paris signèrent un accord de coopération qui prévoyait la mise sur pied d'une firme portant la raison sociale de société européenne de production de l'avion d'école de combat (SEPECAT), et la France fut chargée de diriger les opérations de conception.

Après de nombreuses discussions, les deux partenaires tombèrent d'accord sur un certain nombre de modifications réclamées par la Royal Air Force, si bien que le programme évolua d'une simple machine d'entraînement avancé à un avion de combat puissant et efficace, qui allait porter la dénomination de Jaguar. La construction d'une version biplace, destinée à permettre la transformation des pilotes qui devaient servir sur cet appareil, fut néanmoins programmée.



Cellule et réacteurs du Jaguar

Jaguar La principale version du Jaguar utilisée aujourd'hui est un monoplace tactique optimisé pour l'appui aux forces de surface, l'interdiction sur les arrières immédiats du champ de bataille, les opérations contre les aérodromes, la reconnaissance et certaines missions de défense aérienne. Alors que les avions d'attaque au sol étaient auparavant dérivés d'intercepteurs déclassés, le Jaguar fut conçu, dès le départ, comme une machine capable d'opérer à basse altitude et à grande vitesse. Pour cette raison, les caractéristiques aérodynamiques dudit appareil furent définies dans le souci d'en faire une plate-forme de tir extrêmement stable et au confort très grand lors des évolutions rapides que les sols.

Compact et de dimensions assez peu importantes, l'avion franco-britannique est un monoplan à ailes hautes de construction entièrement métallique. Le fuselage, qui est constitué de trois sous-ensembles, comporte des panneaux en nids d'abeilles robustes et légers autour de l'habitacle, et des éléments en sandwich aux autres endroits. Les parties avant et centrale de l'appareil ainsi que les puits de train ont été construits en France, tandis que l'arrière du fuselage et la voilure sont dus à l'industrie aérospatiale britannique. Les pneus qui équipent les diabolos de l'atterrisseur principal Messier-Hispano-Bugatti sont gonflés à une pression peu élevée (de l'ordre de 5,90 kg/cm²), ce qui permet aux Jaguar d'opérer à partir de pistes sommairement aménagées. L'avion est également doté par parachute de freinage logé dans la pointe arrière du fuselage, il attrape du puits de train avant reste fermée, sauf lorsque la roulette de nez est en cours d'abaissement ou d'escamotage, réduisant ainsi le risque d'ingestion de débris. Accusant une flèche de 40° au quart de la corde et un dièdre négatif de 3°, la voilure est fabriquée autour d'un caisson de torsion bilongeron, et le revêtement en alliages d'aluminium est doté de raidisseurs structuraux. Réalisées d'une seule pièce, les ailes du Jaguar sont fixées au fuselage par six points d'attache ; elles comportent des becs de bord d'attaque qui améliorent la manoeuvrabilité, notamment en combat aérien, et des volets de bord de fuite à double fente qui lui confèrent de bonnes performances aux basses vitesses (la vitesse d'atterrissage est de 215 km/h). L'une des caractéristiques essentielles de l'appareil dans le domaine de l'aérodynamique est l'absence d'ailerons, le contrôle latéral étant assuré par des déporteurs implantés sur les panneaux de voilure extérieurs, juste en avant des volets. Aux basses vitesses, le pilote de compléter l'action de ces déporteurs par le braquage différentiel des engrenages horizontaux monoblocs.

La propulsion du Jaguar est assurée par deux réacteurs à double flux Rolls-Royce/Turboméca Adour, qui, tout comme la cellule de l'avion, résultent d'un programme conjoint franco-britannique. La Royal Air Force et l'armée de l'air prirent en compte des appareils dotés de la version Adour Mk102 de ce moteur, qui fournit une poussée statique de 3315 kg, mais en 1978, les Britanniques prirent la décision d'équiper leurs avions du Mk104 de 3645 kgp. Après avoir reçu des Mk804, pratiquement identiques au Mk104, les machines d'exportation bénéficient à présent de Mk811 de 4205 kgp. La capacité en carburant interne, qui est de 4200 l répartis en quatre nourrices de fuselage et en deux de voilure, peut être augmentée par l'emport de trois réservoirs auxiliaires largables d'une contenance de 1200 l chacun, installés sur le pilote central du fuselage et sur les points d'attache intérieurs des ailes.



Avionique

Jaguar La principale caractéristique du Jaguar dans ce domaine est l'absence de radar. Bien qu'une version équipée d'un radar de nez Thomson-CSF/ESD Agave et de missiles antinavires Aérospatiale AM39 Exocet ait été étudiée, tous les appareils en service doivent recourir à d'autres capteurs pour la navigation et l'attaque, et ils disposent de ce fait de capacités tout temps limitées. Les Jaguar de la Royal Air Force bénéficient d'un système de navigation et d'attaque de bonne qualité, le Marconi NAVWASS (Navigation and Weapon-Aiming System), qui projette les informations nécessaires au pilote sur un collimateur tête haute Smiths. Les coordonnées relatives aux routes à suivre et aux objectifs visés sont entrées dans la mémoire du calculateur de bord Elliott MCS 920 avant le décollage. Apparaissant pendant le vol sur une carte défilante placée au centre du tableau de bord, elles peuvent faire l'objet de corrections.

En 1983, la Royal Air Force s'est lancé dans une modernisation progressive de ses Jaguar GR Mk1 et T Mk2, qui ont été mis respectivement au standard Mk1A et Mk2A par adoption d'un système de navigation inertielle FIN 1064. Plus léger de 50 kg que son prédécesseur, ce système occupe un volume inférieur d'un tiers environ et se trouve relier à l'altimètre radio Smiths de l'avion. Le nez abrite la centrale de navigation Elliott et divers autres équipements.

L'avionique installée à bord des Jaguar de l'armée de l'air comprend une plate-forme gyroscopique SFIM 250-1, un radar Doppler Decca RDN 72 réalisé par Dassault, un calculateur de navigation Crouzet 90, un calculateur de tir CSF 31 et un calculateurs de tir Dassault, adapté aux missiles antiradars Martel que l'avion peut emporter. Les antennes du détecteur de radars CFTH sont implantées dans la dérive et dans des carénages installés dans la pointe arrière du fuselage.



Missions et armements

Jaguar Le premier des huit prototypes commandés par l'armée de l'air et la Royal Air Force, un Jaguar E français d'entraînement biplace (E 01) effectua son vol initial le 8 septembre 1968. Trois de ses huit machines revinrent aux Britanniques, tandis que la France testa les cinq autres, parmi lesquelles figurait la version navale Jaguar M, destinée à l'aéronavale. Les modèles sélectionnés par la RAF furent le Jaguar B (T Mk2) d'entraînement biplace et le Jaguar S (GR Mk1) d'attaque monoplace, dont 35 et 165 exemplaires furent respectivement pris en compte entre 1973 et 1978. Deux autres avions d'entraînement ont été réceptionnés par l'Empire Test Pilots'School, et un sert dans le cadre de l'Institute of Aviation Medecine. Les livraisons concernèrent tout d'abord l'Operational Conversion Unit (OCU) 226, chargée de l'entraînement et de la transformation des pilotes, puis les Squadrons 6, 41 et 54, basés en Grande-Bretagne, et les Squadrons 2, 14, 17, 20 et 31, implantés en R.F.A. Les quatre dernières de ces formations sont passées depuis sur Panavia Tornado et leurs Jaguar ont été placés sous cocon.

Les Squadrons 2 et 41 sont plus particulièrement affectés à des missions de reconnaissance, au cours desquelles ils emportent une nacelle de 500 kg sur le pylône central de fuselage. Cette nacelle contient une batterie de cinq caméras photographiques F95 et une caméra verticale à balayage infrarouge, la charge offensive de l'appareil étant limitée à deux bombes en grappes Hunting BL755 et à deux missiles air-air d'autodéfense AIM-9 Sidewinder. Les Jaguar de la RAF peuvent cependant emporter en cas de nécessité une arme nucléaire tactique ou des bombes classiques de 450 kg, parfois dotées d'un parachute de freinage en vue de leur largage à basse altitude.

Entre 1972 et 1981, la France a reçu 40 Jaguar E d'entraînement biplace et 160 Jaguar A (A pour appui) d'attaque, tous construits par la société Dassault Bréguet sur ses chaînes d'assemblage de Toulouse. L'armement interne de ces appareils comprend deux canons DEFA-553 de 30 mm, et les 80 derniers Jaguar A produits bénéficient d'un télémètre à laser Thomson-CSF TAV-38, monté dans l'avant du fuselage en lieu et place de la caméra OMERA 40, ainsi que d'équipements de contre-mesures électroniques actives. Les Jaguar de l'armée de l'air sont chargés du soutien des forces de surface nationales en Europe ou sur les théâtres d'outre-mer. Servant dans neuf escadrons de chasse dépendant de la force aérienne tactique, ils peuvent emporter l'arme nucléaire tactique AN 52 ou des armements conventionnels.



Jaguar d'exportation

Jaguar Le Jaguar a été exporté dans quatre pays du monde, la firme British Aerospace ayant été chargée d'assemblage final de tous les appareils vendus, à l'exception de ceux fournis à l'Inde. S'étant prononcés en faveur de l'avion d'attaque franco-britannique en 1978, à la suite d'une compétition organisée sous l'appellation de Deep Penetration Strike Aircraft, la Bharatiya Vay Sena (la force aérienne indienne) a pris en compte, au cours de l'année suivante, 18 machines, dont deux d'entraînement, louées à la Royal Air Force. La deuxième phase de cet important programme débuta en 1981, avec la livraison des premiers des 40 appareils (35 Jaguar international IS d'attaque et cinq Jaguar internationale IB d'entraînement) fabriqués sur les chaînes de montage de Warton. Quant au premier des 76 Jaguar assemblés, à partir de sous-ensembles provenant de Grande-Bretagne, par la société Hindustan Aeronautics Ltd., il a pris l'air en mars 1982. Les Indiens ont attribué à l'avion le surnom de Shamster, qui désigne un sabre recourbé.

Les Jaguar construits à Warton dans le cadre de la deuxième phase de ce programme disposent d'une avionique identique à celle des machines de la Royal Air Force. Par contre, les appareils de la troisième phase sont propulsés par des réacteurs Adour Mk 811 et comportent un système de navigation inertiel et d'attaque baptisé DARIN (Display, Attack, Ranging and Inertial Navigation). C'est équipements sophistiqués se compose d'un collimateur tête haute Smiths HUDWAS (Head-Up Display and Weapon-Aiming System), similaire à celui du BAe Sea Harrier, d'une centrale de navigation inertielle Sagem est un indicateur cartographique électronique Ferranti COMED (Combined Map and Electronic Display) 2045. Les Indiens, qui ont conservé équipements de détection, d'illumination et de télémétrie à laser, semblent avoir doté quelques-uns de leurs appareils d'un radar Agave placé dans une nacelle et de missiles Exocet, ce qui leur permettrait d'effectuer des missions de lutte antinavire. La charge offensive des Jaguar Indiens comprend principalement des bombes en grappes BL755, des armes antipistes Durandal, des nacelles F1, des bombes produites localement, des missiles air air Matra R 550 Magic et une nacelle de reconnaissance, montée sous le pylône central de fuselage. Quand le programme en cours sera achevé, la force aérienne indienne disposera de cinq squadrons équipés de ces appareils.

De son côté, le sultanat d'Oman a reçu deux lots d'une vingtaine de Jaguar international OS d'attaque et quatre Jaguar OB d'entraînement. Quelques-uns de ces avions sont équipés de réacteurs Mk 804, tandis que les autres ont été pourvus de Mk 811 et peuvent, en cas de nécessité, emporter des Exocet. Tous sont cependant en mesure d'être dotés de missiles air-air Ford Aerospace AIM-9P Sidewinder, et deux des machines d'entraînement comportent un détecteur de radars au sommet de la dérive ainsi qu'une perche de ravitaillement en vol en lieu et place du tube de Pitot. Oman a pu également acquérir auprès de la RAF, via la force aérienne indienne, un T Mk 2 destiné à remplacer un Jaguar OB détruit lors d'un accident.

En Amérique du Sud, l'Équateur a pris en compte en 1977 10 monoplaces d'attaque Jaguar international ES et deux biplaces d'entraînement Jaguar international EB, qu'il a équipés de missiles air-air Matra R 550 Magic et de divers autres armements. Plus récemment, en juillet 1983, le Nigéria a passé commande de 13 Jaguar international NS d'attaque et de cinq Jaguar international NB d'entraînement, qui lui ont été livrés entre 1984 et 1985. Cet état a également pris une option sur 18 autres machines, dont la propulsion doit être assurée par des Adour Mk 811.

Les commandes concernant le Jaguar ont atteint le chiffre respectable de 573 exemplaires, mais les possibilités de ventes à l'exportation de cet appareil ont, à l'heure actuelle, fortement diminué, encore que les responsables de la Royal Air Force ne désespèrent pas d'arriver à écouler leurs surplus.

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